COMMENT JEAN-PIERRE PAPIN EST DEVENU L’UN DES PLUS GRANDS BUTEURS DE L’HISTOIRE DU FOOTBALL FRANÇAIS

Plus de 300 buts en 500 matchs en club et en sélection, six titres de champion, une médaille de vainqueur de la Ligue des champions et un Ballon d’Or ont fait de Jean-Pierre Papin l’un des plus grands joueurs français de tous les temps, au même titre que Platini et Zidane. Mais contrairement à ces grands créateurs, la devise de Papin était les buts.
“Que tu le veuilles ou non, je serai footballeur professionnel”, voilà la réponse qu’un Papin de 13 ans a donnée à sa mère lorsqu’elle lui a demandé ce qu’il voulait faire plus tard. C’est le rêve de tous les enfants qui grandissent en jouant au football, mais pour Papin, c’était déjà une certitude. Tout aussi réel que de travailler dur à l’école pour devenir avocat – la profession que sa mère voulait pour lui. Inutile de dire qu’elle n’était pas très heureuse, d’autant plus que sa jambe était dans le plâtre depuis 14 mois à la suite d’un grave accident de voiture.
Il a été renversé par une voiture roulant à plus de 100 km/h et a eu la chance de s’en sortir avec une jambe cassée.

Dans une interview accordée à L’Équipe, il revient sur cet accident :

C’était un vrai miracle, je n’étais pas censé rejouer au football après ça”. Sa détermination et sa volonté de réussir en tant que footballeur étaient plus claires que jamais.
Au cours des années suivantes, Papin a joué pour plusieurs équipes en tant que junior puis semi-professionnel, mais ce n’est qu’à 21 ans que sa carrière professionnelle a commencé, une ascension qui allait devenir aussi rapide que son accélération pour échapper aux défenseurs adverses. Deux ans plus tard, il marquait pour la France lors d’une Coupe du monde et, cinq ans plus tard, il recevait le Ballon d’Or.
Son contrat professionnel a été signé avec le club de Ligue 2 de Valenciennes, où il a passé une saison et a marqué un nombre respectable de 16 fois en 35 matchs. Ce n’est pas le meilleur résultat de la saison, mais c’est suffisant pour obtenir un transfert en première division belge avec Bruges, en grande partie grâce aux 11 buts inscrits par Papin lors des 12 matchs observés par les recruteurs belges. Le contrat n’a pas tardé à être envoyé. Les buts qu’il inscrit la saison suivante en Belgique – 32 en 43 apparitions – suffisent à changer irrévocablement les choses, et la machine à buts Papin est en marche.

C’est à partir de là qu’il a été appelé à la surprise générale en équipe de France pour la Coupe du Monde de la FIFA, Mexique 86.

Il avait déjà joué avec les moins de 23 ans, mais cette sélection était encore très inattendue et a suscité une controverse en France ; un joueur peu connu qui faisait son métier en Belgique et à qui on a donné une telle chance en a surpris plus d’un.
Mais cette chance s’est avérée justifiée, puisque Papin a inscrit deux buts lors des trois matches qu’il a disputés, le second contre la Belgique lors de l’épreuve éliminatoire. Il a joué aux côtés de géants du football français comme Michel Platini et Jean Tigana et a reçu un aperçu inestimable de ce qui était nécessaire pour passer au niveau supérieur.
La phase suivante de sa carrière a véritablement défini l’homme comme un attaquant prolifique. Son seul objectif après la Coupe du monde était de retourner dans son pays natal, et il a signé un contrat préliminaire avec Monaco. Cependant, le controversé président de l’Olympique de Marseille, Bernard Tapie, a réussi à le recruter après ces premiers accords avec leurs voisins méditerranéens.

Papin croyait au “projet” dont Tapie parlait et une rémunération liée aux performances a également influencé sa décision. C’est ainsi qu’à la fin de l’été 86, Papin porte le fameux blanc et bleu ciel de Marseille. S’ensuivent six années au cours desquelles il inscrit les plus beaux buts de la Ligue 1 : 16, 23, 33, 38, 36 et 38. En effet, ces quatre dernières années ont vu le Français être considéré comme l’un des meilleurs tireurs d’élite d’Europe.
En tant que jeune joueur issu d’une ligue inférieure, Papin est soumis à une surveillance accrue, quels que soient ses efforts au Mexique, tant la pression est grande à Marseille. Les critiques ont vite fait de l’écarter, mais il décrit sa première année comme “une année d’adaptation” – et les récompenses ont été spectaculaires pour le joueur et le club. Dans le football moderne, il n’aurait peut-être pas eu le temps nécessaire pour s’épanouir.
Pendant cinq saisons consécutives, il a été le meilleur buteur du club, et bien que ses attributs – petit, rapide et mortel – l’aient parfaitement équipé pour être un braconnier, il était bien plus que cela. Il marquait de tous les angles, était particulièrement doué pour exposer le dernier défenseur avec sa vitesse et sa finition impitoyable, et il avait un don étrange pour enterrer des volées spectaculaires, qui sont devenues connues sous le nom de La Papinade.

C’est pendant son séjour à Marseille que le terme a été inventé, en référence à sa capacité à réagir instinctivement à un ballon en l’air. Si vous n’avez jamais vu une de ses volées, c’est celle que vous essayiez de faire quand vous étiez enfant au parc : moitié ciseau, moitié volée. Alors que le reste d’entre nous les ratait ou les manquait complètement, Papin réagissait souvent plus vite pour les envoyer au fond. C’était une sorte de marque de fabrique.
Mais cette spontanéité était-elle simplement un don pour trouver le fond du filet ou le résultat d’heures de travail acharné ? Dans une interview, Papin explique : “J’avais un talent de buteur, mais sans le travail, ça n’aurait rien donné”. Il ajoute, avec un air d’arrogance vital pour les grands buteurs: “Quand je me retrouvais devant le but, cela ne faisait aucun doute, c’est ce que je faisais tous les jours à l’entraînement des centaines de fois. C’est devenu naturel.”
Ce sentiment que les buts deviennent naturels est le genre de confiance et d’assurance qui sépare les grands attaquants des bons. Son entraînement était clairement fondamental, mais la mentalité de Papin l’a aidé à devenir un joueur complet, ce qui lui a valu de recevoir le

Ballon d’Or en 1991.

Papin a marqué 36 buts et a atteint la finale de la Ligue des champions avec Marseille cette saison-là. Ce n’est donc pas une surprise lorsqu’il devance Lothar Matthäus pour recevoir le prix, mais ce qui est surprenant, c’est qu’il le dédie au gardien de réserve Alain Casanova : “Je restais longtemps après l’entraînement pour pratiquer mes gammes, et tous les jours pendant trois ans, Alain a accepté d’aller dans les buts. Il était notre gardien de réserve et mon entraîneur personnel. Mais avant tout, c’était un ami, et c’est le plus important”.

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